Accueil Date de création : 10/07/07 Dernière mise à jour : 30/11/11 07:42 / 3 articles publiés

Episode 1 Partie 1  posté le mardi 10 juillet 2007 13:45

Quand sa petite radio-réveil sonna, Jean était réveillée depuis longtemps.

La jeune femme était tellement nerveuse à l’idée de ce travail qu’elle n’avait pas pu dormir. Elle allait enfin exercer sa profession de médecin. Et dans le plus prestigieux hôpital de Los Angeles, et même de la Californie entière.

Le LOS ANGELES MEMORIAL HOSPITAL était sans doute ce qu’elle pouvait espérer de mieux. Quel bonheur d’y vivre sa vocation ! En plus, elle avait déjà des connaissances là-bas : sa meilleure amie Carole et son ex Alexander y travaillaient.

Jean se leva de son lit, le fit rapidement et alla dans la douche. Il lui fallait toujours au moins une demi-heure pour faire sa toilette : elle devait d’abord se laver, et puis s’habiller, et enfin se coiffer et se maquiller. Là, c’était la phase la plus dure : il fallait trouver une coiffure élégante et compatible avec ses rebelles cheveux noirs. Avec le maquillage, c’était aussi une autre histoire : il fallait trouver un fard à paupières qui aille à la fois avec le marron, la couleur de ses cheveux, et celle de ses vêtements. Elle opta pour un fard vert-pomme, une légère couche de rouge à lèvres vif et une petite robe rouge. Elle hésita entre des chaussures blanches et des rouges, puis choisit les blanches. Elle n’avait pas fait de coiffure spéciale, simplement peigné et lâché ses longs cheveux.

Elle se mettait une touche de Dune, son parfum préféré, quand elle entendit la sonnette d’entrée.

Ca, c’est Carole, se dit-elle en courant ouvrir. Quand elle ouvrit la porte, c’est effectivement son amie qu’elle vit.

Carole émit un petit sifflement d’admiration en la voyant.  

- Dis donc, Jean, tu vas en soirée ou quoi ?, lui demanda-t-elle avec un sourire.

- Arrête de te moquer, répliqua Jean en riant, et dis-moi plutôt si ça me va.

Carole leva les yeux au ciel dans un geste faussement exaspéré.

- Mais évidemment que ça te va ! Tu as oublié que tu fais partie des privilégiées qui ont la chance d'être canon quoi qu'elles portent ?

Jean éclata de rire en prenant une veste blanche sur son porte-manteau, pendant que Carole vérifiait son maquillage dans son miroir.

- Je n'arrive toujours pas à croire que je travaille au L.A Memorial !, s'exclama Jean en se retournant vers elle, c'est tellement dingue !

- Tu le mérites, répondit Carole en souriant, mais on devrait y aller si tu ne veux pas arriver demain.

Les deux amies sortirent de la maison puis montèrent dans la Laguna de Carole, garée devant l'entrée.

 

 

 

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Episode 1 Partie 2  posté le mardi 10 juillet 2007 14:01

Pendant le trajet, Jean ne cessait d’observer son amie.

Ses longs cheveux blonds flottant au vent, ses yeux bleus et perçants rivés sur la route, ses doigts longs et fins enserrant le volant, la jeune femme sifflotait un air des Beatles. Elle avait porté un pantalon ample beige et une chemise blanche, avec une petite chaînette en or massif, un cadeau d'un de ses précédents petits amis.

Jean et Carole étaient amies depuis de très longues années. Déjà ensemble au lycée, elles avaient toutes les deux choisi la fac de médecine et avaient partagé la même chambre à l’université. Elles s’étaient un peu perdues de vue quand Jean était partie pour quatre ans à New York. 

Mais elle était revenue et avait commencé par travailler dans une clinique, avant que, grâce à Carole, l'opportunité de travailler au L.A Memorial lui soit offerte. A présent, une nouvelle vie allait commencer pour elle.

Carole lui jeta un petit coup d’œil amusé. 

- Dis donc jeune fille, on peut savoir pourquoi tu me regardes comme ça ? J'ai une tâche sur le front ?

- Pour rien, répondit Jean d'un air vague, je me demandais dans quel restaurant je pourrais t'emmener dîner pour te remercier de ce que tu as fait.

Carole la regarda, sourcils haussés.

- Et qu'est-ce que j'ai fait ?

- Trois fois rien, dit Jean avec ironie, c'est grâce à toi que j'ai eu un travail dans le plus grand hôpital de la région, mais c'est tout.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- Ne fais pas l'innocente, Carrie. Si tu n'avais pas appuyé mon dossier auprès de ton ami le directeur, je n'aurais jamais été prise.

Carole freina si brusquement que sans leurs ceintures elles auraient toutes les deux traversé le pare-brise.

 

- Tu es folle ?, s'écria Jean en la regardant d'un air ahuri.

Toute effrayée qu'elle était, elle n'était pas surprise pour un sou. Elle était habituée aux fantaisies de son amie.

Carole la regarda à son tour, mais d'un air très sérieux.

- Ecoute, Ginny, j'aimerais que tu te sortes ces idées de la tête. Tu es très compétente, tu es un excellent médecin, je le sais. Si j'en avais douté une seule seconde, je ne serais pas intervenue pour toi.

Jean ouvrit la bouche pour protester mais Carole la lui couvrit avec douceur.

- A l’hôpital, ça va beaucoup jaser sur les circonstances de ton embauche. Les gens vont penser comme toi, que c’est uniquement grâce à moi que tu as été prise, et non pour tes compétences. On ne va pas te considérer comme un bon docteur, mais comme une opportuniste. Et je veux que tu sois au-dessus de ces idioties, parce que je te connais bien. Passionnée et susceptible comme tu l'es, tu risques d'y laisser des plumes si tu ne les ignores pas.

Jean la regarda sans rien répondre.

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Episode 1 Partie 3  posté le jeudi 12 juillet 2007 12:50

Derrière, les voitures commençaient à klaxonner.

Les mains toujours serrées sur le volant de sa voiture qu'elle avait brutalement arrêtée au beau milieu de la route, Carole regardait Jean d'un air sérieux qu'elle lui avait rarement vu. Quand elle fait cette tête-là, songea la jeune femme, c'est que c'est vraiment grave.

Elle sourit en coin, essayant de dérider son amie.

- Tout va bien, Carole, je te promets que je ferai de mon mieux pour ne pas me transformer en Hulk si on m'ennuie.

Carole soupira.

- Je ne plaisante pas. Et tu sais qu'Amanda fait partie du conseil d'administration, et qu'elle fera tout pour te mener la vie dure. Elle s'était déjà fermement opposée à ce que tu entres au Memorial, mais j'ai plus d'influence sur Gary qu'elle, et j'ai pu te défendre.

- Gary, c'est bien ton petit ami ? Le directeur de l'hôpital ?

- Oui, acquiesça Carole, indifférente au concert de klaxons qui faisait rage derrière la Laguna, et il a quitté Amanda pour moi.

Jean eut un petit sifflement.

- Tu ne m'avais pas dit qu'il était marié ?

- Ce n'est pas la question, répondit Carole, l'air soudainement contrarié, ce que j'essaye de te dire c'est qu'il faut que tu te méfies d'Amanda. Elle te détestait déjà au lycée, et ça ne s'est pas arrangé avec les années, surtout que j'ai appuyé ta candidature auprès de Gary et que c'est moi qu'il a écoutée. Tu la connais, elle va tout faire pour te faire payer cet affront.  Elle a toujours fait ça avec tous les nouveaux, mais pour toi, ce sera encore pire. Et beaucoup de docteurs suivront son exemple car elle a énormément d’influence au conseil.

- Je n'en attends pas moins d'elle, dit Jean en repoussant une mèche qui lui tombait sur les yeux, en vingt ans j'ai bien cru remarquer qu'elle n'est pas folle de moi.

A vrai dire, toute au bonheur inattendu d'entrer au Memorial, elle avait presque oublié que la redoutable Amanda Richards, sa cousine, y travaillait aussi, et était même un membre très important de l'administration.

Un peu refroidie par les avertissements de Carole, elle ne put pas s'empêcher de s'inquiéter. Que sa cousine se montre aussi détestable qu'avant était une chose, mais que l'hôpital tout entier, dès son arrivée, ne voie en elle qu'une parvenue, c'en était une autre.

Lisant en elle comme dans un livre ouvert, Carole lui sourit tendrement.

- Ginny, la vie à l’hôpital est un combat perpétuel. Le monde des médecins est redoutable, et à moins d'avoir de très grandes capacités ou un allié puissant, on se fait écraser. Les docteurs sont avant tout des hommes, et ils sont en proie à la cupidité, la soif de pouvoir, au désir, enfin à tout. Et ils sont prêts à tout pour avoir ce qu’ils veulent. Voilà, tu sais à peu près tout, c’est la théorie que j’ai dégagée après quelques mois d’expérience. Le reste, tu vas malheureusement devoir l’apprendre à tes dépens.

- Et c'est censé me réconforter ?, bougonna Jean.

Mais Carole n'eut pas le temps de lui répondre, un conducteur exaspéré était sorti de sa Range Rover et était venu tambouriner à sa vitre. Rouge et congestionné de fureur, il hurla dès que la belle blonde baissa sa vitre.

- On peut savoir ce que vous foutez depuis trois heures au milieu de la route ? Il y a des dizaines de voitures derrière !

A la fois stupéfaite et confuse, Carole ne lui répondit même pas et redémarra en trombe, essuyant de son mieux les postillons qui lui avaient inondé le visage.

Jean, elle, avait retrouvé le sourire.

- Quand je te dis que celui qui t'a donné ton permis devait être bourré comme un porc.

Mais elle se rembrunit, les paroles de son amie lui revenant en tête.

Travailler à l’hôpital ne serait pas de tout repos. Mais elle l'attendait depuis qu’elle était enfant, et ne laisserait rien ni personne lui gâcher ce rêve qui commençait.

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